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Paraphrase : Facebook fait des changements pour résoudre des problèmes qu’il a contribué à créer, tels que l’ingérence électorale et l’addiction aux écrans. Cependant, la culture rapide de la Silicon Valley l’empêche finalement de vraiment assumer sa responsabilité.

Le mercredi, Facebook a introduit une fonctionnalité appelée “Gestion du temps”, comprenant des outils permettant aux utilisateurs de surveiller le temps passé sur l’application, de recevoir des notifications discrètes, et de définir une alerte pour limiter leur utilisation de l’application.

La gestion du temps est un élément essentiel de l’effort global de Facebook visant à améliorer le bien-être de ses utilisateurs. L’objectif est de permettre aux gens de profiter pleinement du temps qu’ils passent sur Facebook, en changeant la perception selon laquelle il s’agit d’un endroit addictif qui peut entraîner des conflits et du gaspillage de temps.

La haute qualité de la recherche universitaire alimente l’effort. Grâce à une équipe d’experts et à des études internes et externes, Facebook a découvert que le fait de passer du temps de manière “intentionnelle” plutôt que de manière passive sur la plateforme – en interagissant directement avec les amis et la famille – améliore le bien-être des individus en les rendant plus soutenus, confiants et heureux.

C’est à ce moment que les choses se compliquent. Facebook souhaite maintenant obtenir davantage de cet engagement intentionnel. Cependant, la réponse de Facebook sur la manière d’accroître cette “intentionnalité” semble moins fondée sur la rigueur scientifique.

D’après des discussions avec des responsables de Facebook, il apparaît que l’entreprise n’a pas utilisé de recherches sur le changement de comportement ou fait appel à des experts pour décider, avant de lancer le produit, que l’accent mis sur la “visibilité” du temps passé et les trois outils serait une méthode efficace pour accroître l’intentionnalité.

David Ginsberg, directeur de la recherche de Facebook, a expliqué à Mashable que les études ne portaient pas sur le contenu lui-même, mais sur l’efficacité de la présentation de l’information, sa pertinence pour les utilisateurs et son utilité.

Pour évaluer l’influence du “Time Management” sur l’intentionnalité, Facebook utilise les approches de test couramment utilisées dans l’industrie technologique : lancement d’un produit, analyse de la réaction des utilisateurs, évaluation de son utilité, et ajustement en conséquence.

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Ginsberg a exprimé que ce n’était que le commencement, pas la fin. Il a souligné que c’était le point de départ et que les retours de la communauté seront pris en compte.

Cette méthode pourrait être efficace pour des produits tels que les boutons de réaction ou un nouveau modèle de caméra. Cependant, pour un produit conçu pour résoudre un problème psychologique, il n’est pas suffisant de ne pas observer la transition de la recherche du problème à sa solution. Il est essentiel que les utilisateurs soient les testeurs bêta de leur propre satisfaction. En ce qui concerne ce point, les tests en direct ne sont pas la meilleure option.

En décembre 2017, Mark Zuckerberg a indiqué que Facebook mettait désormais l’accent sur la qualité et l’engagement authentique entre les proches, au lieu de se focaliser sur les actualités. Cette décision était fondée sur des études de recherche, appuyées par Ginsberg, démontrant que des interactions significatives rendaient les utilisateurs plus heureux.

Déclaration de Ginsberg : « Notre équipe d’experts se penche sur les questions liées au bien-être, aux médias sociaux et à cette relation. Une utilisation intentionnelle et active de Facebook, de manière engageante, semble être liée à une amélioration du bien-être à long terme. »

La gestion du temps est la prochaine étape de cette démarche. Cela fait partie de la réponse de Facebook à la question de comment encourager les utilisateurs à être plus intentionnels dans leur utilisation du temps sur la plateforme. Nos études démontrent X, donc nous mettrons en place Y.

Cependant, il y a un élément manquant dans cette situation. Étant donné l’engagement sérieux de Facebook envers le bien-être de ses utilisateurs, la société aurait dû effectuer des recherches pour démontrer que cela serait effectivement bénéfique avant de lancer le produit.

Selon notre discussion récente avec Ginsberg, bien que Facebook ait affirmé intégrer des conseils d’experts externes et de chercheurs de premier plan dans ses produits, il n’a pas consulté la recherche comportementale pour les concevoir. Au lieu de cela, ces produits ont été développés en réponse aux demandes des utilisateurs.

Déclaration : « Notre communauté exprime le besoin d’améliorer les outils permettant de comprendre leur activité sur Facebook et de recevoir des rappels pour éviter une utilisation passive et involontaire qui peut se produire », a expliqué Ginsberg. “Je ne qualifierais pas la gestion du temps comme étant la priorité absolue ou la solution optimale, mais plutôt comme l’une des approches que nous envisageons sérieusement.”

Facebook a récemment mené des tests dans de petits groupes pour évaluer la facilité d’utilisation et la compréhension des outils de gestion du temps. Les employés ayant accès aux premières versions de cette fonctionnalité ont également donné leur avis en interne.

Ginsberg a exprimé sa satisfaction à propos de l’accueil positif des outils par les gens. Il a toutefois souligné qu’il s’agissait de simples tests en groupe et qu’il faudrait évaluer la réaction de la communauté une fois qu’ils seront pleinement déployés.

Selon un de ses collègues, Karissa Bell, Facebook n’a pas encore trouvé de preuves indiquant l’efficacité de ces outils de gestion du temps. Plutôt que de signaler des résultats immédiats, Facebook adopte une approche globale typique de l’industrie technologique, en examinant comment la gestion du temps peut aider les utilisateurs et en peaufinant le produit en conséquence.

Selon Gretchen Sloan de Facebook, une pratique fréquente dans le domaine de la technologie consiste à introduire un produit ou une fonctionnalité, observer comment les utilisateurs s’en servent, puis l’améliorer progressivement. Cette approche permet à Facebook et à d’autres entreprises du même secteur de concevoir et de déployer rapidement de nouvelles fonctionnalités en réponse aux besoins des utilisateurs.

Cela a pu marcher par le passé, mais en ce qui concerne le bien-être et la santé mentale, il ne faut pas appliquer la même norme. Il est important de ne pas simplement mettre en place un traitement pour un problème psychologique sans vérifier au préalable son efficacité.

Facebook a été critiqué pour mener des expériences psychologiques ou sociologiques secrètes sur ses utilisateurs. Il a manipulé les actualités afin d’étudier l’impact des messages joyeux par rapport aux messages tristes sur l’humeur des individus, et il a examiné comment l’ajout d’un bouton “J’ai voté” a influencé le taux de participation électorale. Les utilisateurs étaient mécontents du fait que Facebook utilisait sa base d’un milliard de personnes pour analyser le comportement sans leur consentement ni leur connaissance.

La gestion du temps n’influence pas le comportement des individus. De plus, au-delà de simplement montrer que Facebook se préoccupe, elle semble être une initiative sérieuse visant à améliorer l’expérience sur cette plateforme.

Le texte souligne que bien que la gestion du temps soit présentée comme une solution aux problèmes graves tels que la dépression et le développement aigu chez les adolescents, Facebook n’a pas accordé la même importance à sa mise en œuvre pour trouver une solution efficace. Au lieu de cela, il adopte une approche plus aléatoire et peu rigoureuse, ce qui diminue la confiance en cette solution. De plus, il repose sur les utilisateurs pour résoudre un problème créé par Facebook, sans suivre de processus approprié pour démontrer son efficacité.

Il est évident que Facebook s’efforce réellement d’aider ses utilisateurs à mieux profiter de sa plateforme. Cependant, compte tenu des événements de cette année, nous ne pouvons pas saluer un produit de Facebook sans avoir une preuve solide que cela fonctionne, basée sur des données scientifiques. Facebook semble encore ne pas comprendre qu’il ne peut pas aborder la psychologie de la même manière que d’autres aspects. Lorsqu’il s’agit de la psychologie des utilisateurs, les tests de produit et les ajustements devraient intervenir ultérieurement, et non en premier lieu.

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Rachel Kraus, une journaliste spécialisée en technologie pour Mashable, se concentre sur les sujets de santé et de bien-être. Originaire de Los Angeles, elle a obtenu son diplôme à New York et rédige des analyses culturelles sur Internet.

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